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Ecole, Collège et Lycée Privé à Annecy - Haute SavoieSaint-Michel, Ecole, Collège et Lycée Privé sous-contrat à Annecy - Haute Savoie

Petits bonheurs

Neige

Quand la neige commence à tomber,
Le monde entier se met à rêver…
On a envie d’être seul, tout seul
A regarder cette neige former un doux linceul.
On éprouve de l’admiration pour la neige tombant du ciel,
Et cette violente sensation d’apaisement, soudaine montée  émotionnelle.
On a envie de fermer les yeux et de sentir les flocons sur nos visages,
Entourés de tous ces silencieux et blancs paysages…
On s’amuse alors à gouter ces petites paillettes glacées,
Qui petit à petit gèlent nos palets raffinés.
Le froid mord nos joues qu’on lui expose sans résistance,
Mais on n’y accorde aucune importance et on profite de notre insouciance.
Les arbres, les sapins, jouent joyeusement avec nos imaginations,
Et de petits nuages de buée se forment à chaque expiration.
Une fois que l’hiver nous a bien enivrés dans son manteau de froid,
En quête de chaleur, on retourne alors bien vite chez-soi.
«- Veux-tu un chocolat chaud mon trésor ? » chuchote  la voix de maman,
Calfeutré, un plaid sur les genoux et le chocolat chaud dans les mains on savoure ce moment. 

Anne - Eva

 

La nuit

La nuit s'étend et couvre la ville d'un rideau obscur et intriguant. On marche et progressivement, on voit s'allumer les lumières qui rayonnent d'une splendeur éclatante. Ces petites touches mystérieusement éclairées se fondent alors dans le calme nocturne qui semble déjà s'être emparé tout entier de l'activité citadine. On les regarde nous hypnotiser, tournoyer et danser sur la ville qui se noie dans ces ténèbres lumineuses.
Quoi de plus agréable que de marcher en contemplant l'énigmatique et impénétrable eurythmie de ce mariage harmonieux. À chaque pas l'on savoure la nuit mystique et magnifique, nébuleuse dans son nuage brumeux de pénombre et pourtant si organique et sensorielle lorsqu’on observe sa texture et ses nitescences.
Si l'on trouve le jour bruyant et ennuyeux, on appréciera l’esthétique silencieuse du soir. Toute la vie sonore et tonitruante est redimensionnée dès la nuit tombée, l'activité existe sans prendre une place démesurée, elle se fait en sourdine tout simplement. De temps en temps un promeneur nous arrête pour nous dire - : «  Bonsoir, vous avez l'heure ? » Mais dans l’ensemble la foule plus éparse se fait discrète et pour elle-même joue des mélodies délicates et apaisantes.

Louis

 

L’attente... La tente…

L’attente... La tente. On a juste posé nos bagages. On a regardé dehors. La nuit promet d’être belle. On va pouvoir se retrouver. On connait l’endroit. C’est toujours le même et pourtant on veut vite savoir si les choses ont changé malgré nos gestes répétitifs depuis tant d’années. D’autres vivent déjà sur place; les uns viennent d’ailleurs; un an nous sépare de nos retrouvailles :
Alors les gestes retrouvent leur place, la tente qui faudra monter s’est usée mais on le sait et on a appris à la dompter. Ceux qui viennent de loin ramènent de quoi nous rassasier, ceux qui vivent sur place ramènent de quoi nous réchauffer. Il faut penser au feu, au festin, à la fête, à l’idée de prolonger un bon moment si bien commencé.
- « Tu as oublié quelque chose? » - « Qui a pensé à la musique? » -«  Qui s’occupe des oreillers? » L’installation n’est pas finie que  chacun arrive presque en même temps; le rendez-vous est pris depuis tellement  longtemps.
On ressent les premières joies de la voir se dresser devant nous comme un début   d’été rempli de rêves et de projets. On ressent déjà la chaleur nous envahir. On pense à ce que l’on va se dire. -« Et toi, tu as fait quoi cette année? Alors le lycée? »
Etre des amis pour la vie, c’est ce qu’on s’est toujours promis. On partage les bonbons, pense aux aventures du lendemain et aux bêtises pas encore faites. Et nous voilà installés bien au chaud dans nos duvets. On peut alors commencer à se raconter.  

Mia

 

Prendre son temps

C’est tellement agréable.  On se dit qu’on peut rester encore une demi-heure voire une heure. On regarde le réveil qui ce matin est notre allié :    
- « Ça va, il n’est que neuf heures, j’ai le temps. »  
Avant de se rendormir, on repense quelques minutes avec délectation, à l’heure que l’on a lue sur le réveil.
Et puis on se remémore la journée et aussi la soirée d’hier, qu’on a passée avec nos amis ou notre famille, les soirées où l’on refait le monde sans se soucier du lendemain ou des qu’en dira-t-on.  On sait qu’on se couchera tard, mais ce n’est pas grave…  demain on a le temps.
On peut faire la grasse matinée, traîner en pyjama, ou simplement passer une journée ordinaire sans être stressé ou fatigué.  Une journée sans horaire pour manger, se laver, travailler sans obligation.
Alors à ce moment-là on ferme les yeux et on s’endort.  Et quand on se réveillera on aura encore le temps…  

Victoria

 

Interlude

Nous connaissons tous ce moment de bonheur où tout à coup le monde se métamorphose et devient plus beau. Ce moment où nous ne pensons plus à rien.
Cet instant où il nous suffit de poser nos doigts sur le clavier, de fermer les yeux et de se laisser porter au gré de la musique. Selon le morceau que nous jouons, différentes émotions surgissent et éveillent de fabuleux souvenirs. Ils peuvent nous rendre tout aussi heureux que triste. Laissant parfois place à une certaine nostalgie. Au fur et à mesure que nous pianotons, la mélodie nous offre un voyage de plus en plus lumineux. Le son de la musique nous transporte et nous offre un refuge dans un monde fictif. Depuis l’enfance ces moments sont des instants de grâce où le temps suspendu nous arrache au quotidien. Mais dans un dernier accord le contact entre les touches du piano et nos mains se rompt. La réalité reprend alors brutalement ses droits et met fin à cet interlude. 

Claire

 

Sur la route goudronnée

On est en route depuis un petit bout de temps. Les parents à l'avant, et les enfants derrière, comme avant. Sur la banquette arrière on rechausse notre enfance pour rejoindre une grand-mère à l'autre bout de la France.
La voiture est remplie, sacs, oreillers, et parapluies. En avant. On est un peu serré, ça évite d'avoir froid. Qui aurait deviné la convivialité de cet étrange convoi ? On sait parfaitement que dans un petit moment les bonbons sortiront de la grande boîte à gants. Arlequins du voyage qui font passer le temps, font taire les mots en trop et croquent sous la dent. Atmosphère sans parfum, simplement familiale ; le temps a estompé l'odeur climatisée.
A l'arrière de la voiture on regarde la nuque de celle qui s'est donnée pour notre enfance dorée. Les bras solides du père, les mains sur le volant, la même fierté qu'avant avec plus de cheveux blancs.
On respire. Vraiment. Profondément. D'un souffle pur et frais qui vient de loin, qui nous dit "Voilà ! là ! tu es bien ! " Cocon renoué, les liens, les souvenirs, d'une famille en sourires retrouvée, enfin.
Sur la buée de la fenêtre notre imagination en fête s'exprime sans frein. Dessins, graffitis, imageries. Des gouttes d'eaux deviennent paillettes. Notre doigt, un pinceau délicat, un fuseau adroit. Aquarelles et pastels sur le froid de la paroi, l'illusion transparente sous la chaleur d'un doigt.
"Hé! On fait un jeu ?" " Le premier qui trouve une chèvre, un chameau ou un bout de ciel bleu". Alors le paysage qui défile tranquillement et qu'on ne voyait pas vraiment, se transforme en tableau aux multiples détails. Ravissement de l’œil de trois enfants trop grands. Oui, les jeux en voiture font partie de l'aventure.
La joue contre le carreau, le pare-soleil arraché, on imagine des bateaux dans les nuages éthérés. Quand l'inspiration retombe, que les plaques d’immatriculations ont toutes trouvées leur nom, on goûte à atmosphère, la tête en arrière. On passe du Chopin, du Barbara, du Sardou, la tête sur le voisin et tant pis pour son cou. L'épaule du grand frère  vaut tous les coussins de la terre. Ça monte, ça descend,  peu importe c'est du vivant.
C'est tranquille, c'est chez nous. C'est riche, c'est en nous.
Moment de confidence, ou de fraternité qui reconstruit une enfance jusqu'au bout de la route goudronnée. 

M B

 

« Crêpes party à domicile »

Une  semaine, longue, interminable et stressante s’achève enfin. Le week-end est là, tout proche, qui se profile devant nous. Nous allons pouvoir relâcher un peu la pression, freiner le rythme trépidant de notre vie martelée par les horaires de réveil  des uns et des autres, ponctuée par les innombrables trajets scolaires, sportifs, les devoirs maison, contrôles sur table etc…Oui, le week-end est  là, pourtant les consignes  maternelles sont les mêmes :
 – « Retirez votre manteau, non pas par terre, sur la patère ! Chaussures rangées, non !  Pas de télé, d’abord la douche et ensuite tout le monde en tenue de soirée, (comprenez ‘pyjamas’ !) »
Tout commence donc avec le train-train quotidien d’une soirée quelconque : ses rites, ses routines…Puis, un changement s’opère, c’est comme un ballet maintes fois répété, un cérémonial qui peu à peu se met en place…dans la cuisine.
Comme si de rien n’était la maîtresse de maison ‘dégaine’ sa poêle la plus petite, (le format est important), puis sort ses ‘munitions’, toujours dans le même ordre : farine (spécial ‘sans grumeaux’), œufs bio, huile d’olive ou d’arachide, parce qu’il est bon d’alterner les huiles, c’est essentiel à la santé, sel et enfin lait, le litre entier, cela suppose une grosse quantité de pâte, parfaite pour le plat de résistance et le dessert !
Une senteur irrésistible s’élève peu à peu et vient nous chatouiller le nez, augmentant notre impatience de les savourer; la pile prend de la hauteur et laisse voir des cercles dorés à souhait, certains un peu plus roussis, craquelés, aux contours parfois imprécis, mais étrangement, ce ceux que tout le monde convoite. L’arôme  se mêle à la senteur boisée des bûches qui flambent dans la cheminée ; le parfum des confitures de fruits jaunes, rouges, s’échappe des pots dont le couvercle a été retiré; se trouvent alignés à côté d’eux sur  la table, dans un méli-mélo de couleurs, les pots de sucre, de miel, de pâte à tartiner et de sucre glace afin de répondre à toutes formes de gourmandise. L’harmonie s’installe, on peut ressentir un sentiment intense de sécurité, de plénitude, comme lovés dans un cocon…
Soudain,  de brefs petits coups saccadés sont frappés à la porte d’entrée, tel un code secret, immédiatement identifié de tous. Des « invités surprises »   se joignent à nous. Il va falloir ajouter la rallonge de table,  avant de prendre place  tous  autour et savourer en toute simplicité,  ce petit moment de bonheur convivial autour d’une belle pile de crêpes dorées.  

P. M

 

L'autre monde

Nous pensons souvent à tord que nous n’avons qu’une vie. C'est faux, on en a au moins deux. Quoi de plus enivrant que de vivre le jour mais également la nuit, dans l’espace insondable du repos, dans cet autre monde qu'est le rêve ? Tout est beau dans le sommeil.
Il y a d'abord cet instant où la fatigue nous emporte, où notre esprit  perd le nord et dérive, où tout ce qu'il compte faire à présent est  fuir le jour et sa logique, car il sait que des choses plus intéressantes l'attendent  dans les profondeurs de la nuit. Alors, guidé par une force qu'on croit être la nôtre, on s'allonge, sans se rendre compte que notre seul désir est de dormir.
Ensuite, il y a ce passage où, tout en somnolant, on croit être éveillé, et où on entend, sent et ressent la réalité, tout en somnolant. Parfois même, on oublie la teneur de ses pensées la seconde après les avoir émises, et on rit à cette idée.
Enfin,  arrive l’instant attendu, ce dessert miraculeux, cette réalité éphémère, ce reflet de nos envies les plus folles qui s’accomplissent dans le rêve. L’illusion semble se faire réalité, avant que le réveil, comme chaque matin, ne nous prouve qu'il n 'était que le fruit de notre imagination. Mais c'est cette dichotomie qui rend l'univers du rêve si attrayant.  
Dans nos songes, chaque matin se transforme en une soirée endiablée et chaque nuit se déguise en une journée où toute merveille  est tangible, aucune restriction ne s’impose à nous,  car chaque vie vaut la peine d'être vécue, et le fait est qu'on en a plusieurs.

Léonard              

                                               

Écrire

Il y a une certaine poésie dans l’acte d’écrire. Que cela soit le soir, après une journée de travail, ou au petit matin quand tout au dehors sommeille encore, qu’on soit calme et qu’on se pose à notre bureau, devant notre écran d’ordinateur, ou qu’au contraire on se mette à gratter frénétiquement le papier de notre plume sous l’impulsion de quelque puissante émotion, écrire est toujours un moment de poésie, de sérénité à la fois ferme et instable.
Quoi de mieux que de sentir les mots couler de nos doigts aussi facilement que s’ils étaient parlés, d’avoir dans notre ventre ces frémissements d’excitation provoqués par l’inspiration tandis que l’on pianote, haletant, sur notre clavier, pressés que nous sommes de mettre nos idées à plat, comme si on avait peur qu’elles ne s’échappent.
Écrire, c’est s’indigner.  C’est se révolter contre quelque chose, en pensées du moins. N’y a-t-il pas même dans le plus petit récit sans prétention une révolte contre le monde, contre cette réalité qui nous oppresse tous, même dans la goutte de sueur qui perle au front de cet élève, studieusement assis face à son sujet d’invention...
Écrire a toujours été le moyen d‘évasion le plus sûr, le dernier rempart que nous dressons contre le réel, le palpable, contre cet univers bien trop réaliste. Il n’est pas de sentiment plus agréable que celui de se sentir partir, s’envoler au gré des mots, voguer sur les flots tumultueux de cette syntaxe qui s’efface petit à petit au profit d’un tout autre monde, le nôtre.
Et lorsque cette tempête phonémique nous redépose finalement sur terre, c’est avec un autre œil que nous appréhendons les choses qui nous entourent, nous posons sur ce monde un regard lointain, il ne nous paraît plus tout à fait vrai.

Tom

Le premier regard 

Le premier regard est décisif, en une fraction de seconde il peut changer le cours d’une vie, l’embellir comme la détruire.

Il est primordial, peu importe l’endroit, peu importe dans combien de temps, on possède tous en nous l’atout de croiser le regard de son âme sœur, et c’est à cet instant précis que, les yeux dans les yeux, le temps se fige, pour ne laisser place qu’à l’admiration de l’autre.

Un sentiment de bien-être absolu nous envahit, comme si la réponse à toutes nos questions se trouvait là, devant nous.

L’insouciance et la béatitude s’emparent de notre esprit pour nous laisser la douce impression de nager dans le bonheur. Immense satisfaction semblable à  la pose de la dernière pièce du puzzle de mille pièces ou encore à l’écriture de la dernière ligne d’un roman.

L’effet de surprise court-circuite la réflexion et sidère la pensée, on en perd ses repères, on est propulsé  tout droit au septième ciel.

Les battements du cœur se synchronisent, on s’oublie le temps d’un silence, encore inconscient d’avoir posé les yeux sur le Nirvana.

Certains l’appellent le coup de foudre, d’autres diront que c’est le destin, mais ce qui est certain c’est qu’une fois cette chance à portée de main, il faut tout faire pour la garder à ses côtés.

Maxime

Le magasin de cadeaux

Tout est planifié, la veille du week-end comme ça, pas besoin de s'inquiéter pour les devoirs à faire. On a regardé précédemment par où passer. On marche rapidement pour se réchauffer. Un doux coussin de neige qui crisse sous les pieds, chaque pas laisse un empreinte de plus sur la marée de traces. On passe devant différentes vitrines toutes éclairées de différentes étoiles multicolores. Finalement on s'arrête devant l'une d'entre elles.

En poussant la porte, le son de la clochette nous rapproche déjà un peu plus de Noël. Un des vendeurs, habillé en rouge, s'approche de nous :

- Bonjour, est-ce que je peux vous aider en quoi que ce soit ?                                                

On refuse gentiment en disant qu'on va d'abord regarder, puis, on part à l'assaut des rayons. Ils sont tous très ordonnés, un vrai plaisir à regarder. On se croirait chez un marchand de glace lorsqu'on doit choisir son parfum.

On défile dans chaque allée, se demandant sans cesse ce qui pourrait faire plaisir à nos proches, jusqu'à ce que notre regard se pose sur une boite. Elle parait d'abord comme les autres mais ensuite, on se rend compte qu'elle a ce on-ne-sait-trop-quoi qui fait qu'on retourne la voir. On l'inspecte sous toutes les coutures comme s'il s'agissait d'une pièce à conviction. On hésite d'abord puis à la fin on craque. On la prend sous son bras et on se dirige vers la caisse. La caissière, une femme souriante, nous fait un magnifique paquet cadeau et nous souhaite de bonnes fêtes. On la remercie avec le plus beau de nos sourires.

En rentrant chez nous, on sent le poids du cadeau peser sur notre épaule et on se sait content. Penser à la tête que fera le destinataire en découvrant son présent ; à ses yeux pétillants, à son sourire plein de reconnaissance nous remplit de joie. On se sent léger. Lorsqu'on rentre chez soi, on passe la tête par la porte et on lance :

-« Houhou, il y a quelqu'un ? »                                                                                                   

La réponse du silence nous donne le feu vert pour foncer. On rejoint sa chambre et on glisse l'objet précieux dans notre placard, bien caché en-dessous de la pile de linge.

Lorsque l'intéressé rentre à la maison, on a un sourire en coin de bouche. Il ne se doute absolument pas qu’on vient de sortir du magasin de cadeaux.

Mathilde D

Les pierogies

Dans la chaleureuse maison d'enfance, entourée d'une forêt sauvage, quand la nuit s'épaissit  au dehors et noie tout le paysage, nous, on vogue doucement près du poêle vivant, bercés par l'accordéon de notre grand père qui souffle quelques mélodies douces et régulières.

Soudain, une voix bien familière et tant espérée nous appelle: "venez, c'est prêt, nous pouvons commencer". Attirées alors par ces paroles sacrées, on se précipite dans la cuisine déjà délicieusement parfumée. Les saveurs et les goûts semblent flotter et se répandre dans l'air qui nous enveloppe de son coton doux.

On remarque devant nous une vingtaine de petits ronds prédécoupés chacun contenant un mélange subtil d'oignons, de bœuf et de chou.

La pâte élastique file entre nos doigts qui pressent de petits creux de la taille de petits pois sur les bords de ce coussin délicieux, afin de le garder bien fermé et ne laisser s'échapper son parfum savoureux.
"Mais que tu es rapide Mamie, les tiens sont si jolis! Les nôtres n'ont même pas l'air de pierogies…"
Alors, on sourit et rit de notre maladresse,  si lointaine du geste rapide et précis de notre grand-mère qui nous répète qu'il n'est question que d'expérience et de sagesse.

La fabrication terminée, il est temps de les cuisiner. Doucement, à feu doux, dans de l'eau légèrement salée, il ne suffit que de quelques minutes pour qu'ils soient prêts à être dévorés.
Alors on met la table, on voit les couverts scintiller, les assiettes se cogner, et dans les grands verres, l'eau se noyer.

Tous à table, les pierogies  ont disparu : notre appétit n'a pu résister à ce délice tant attendu.

Isabelle